Shannon parle des complexités de la dépendance et de l’importance d’écouter l’histoire des autres.
« Une personne ne se résume pas à sa consommation de substances », affirme Shannon, intervenante pour un organisme de réduction des méfaits au Nouveau-Brunswick. « C’est tellement complexe. Un tas de choses se passent en même temps dans la vie de ces personnes. »
De nombreux aspects sont à prendre en compte. L’un des plus simples est l’idée que n’importe qui peut se retrouver piégé inopinément dans un cycle de consommation de substances. Ce n’est pas un « certain type de personne » qui décide consciemment de commencer à consommer des opioïdes ou d’autres drogues.
« Les gens peuvent avoir un accident et se voir prescrire des opioïdes dans un cadre médical, explique-t-elle. Mais ils peuvent ensuite devenir dépendants de cet opioïde, surtout si celui-ci les aide à faire face à d’autres problèmes dans leur vie.
Shannon décrit ce qui est malheureusement devenu un scénario trop courant. En général, une personne moyenne aura recours aux opioïdes au cours de sa vie, par exemple, suivant la simple extraction d’une dent de sagesse. Les opioïdes sont prescrits pour soulager la douleur, mais ils permettent également de « calmer » ou d’alléger le poids de l’anxiété ou d’autres problèmes de santé mentale. Lorsque l’ordonnance est épuisée, la douleur physique peut avoir disparu, mais la douleur mentale revient en force.
« Ce que nous constatons alors, c’est que les gens commencent à consommer des substances vendues dans la rue, parce que c’est ce qui est disponible, explique Shannon. On croit à tort qu’il faut aller dans une ruelle sombre à l’heure des sorcières pour s’en procurer. En réalité, c’est assez facile. »
Travaillant en première ligne face à la crise des surdoses d’opioïdes, Shanon rencontre des personnes de tous les horizons. « Il faut reconnaître que les personnes peuvent être confrontées à des situations complexes, dit-elle. Il faut tendre l’oreille et écouter activement leurs histoires. Il est très important de s’ouvrir à leurs histoires, car elles ne bénéficient pas de cette aide dans beaucoup d’autres contextes. »