Calgary, Alberta

L’histoire de Jasneet 

Jasneet fait part de quelques idées fausses sur la crise des opioïdes.  

Il existe une grande stigmatisation selon laquelle les personnes qui luttent contre la consommation de substances sont généralement des sans-abri ou que l’itinérance est toujours le résultat d’une dépendance. La vérité, c’est que ces choses peuvent arriver à n’importe qui. Jasneet, intervenante en réduction des méfaits, est particulièrement proche des anciens combattants, car elle gère des logements supervisés pour les personnes qui ont servi leur pays.  

« D’après les conversations que j’ai eues avec les anciens combattants, ils ont sombré dans la dépendance à cause de troubles mentaux liés à leur service, explique-t-elle. Il y a beaucoup d’idées fausses sur les personnes qui souffrent de dépendance : on pense, à tort, que c’est à cause des mauvaises décisions qu’elles ont prises, mais ce n’est pas toujours le cas. Quand les gens s’adressent à d’anciens combattants, ils les remercient d’avoir servi leur pays et ils en restent là, mais l’état de stress post-traumatique (ÉSPT) est la cause majeure de la dépendance de ces personnes. Elles ont besoin de soutien. »  

Dans le cadre de son travail, Jasneet constate que certaines personnes ont des idées fausses sur sa clientèle. Elle se fait souvent dire qu’elle travaille avec des fous. Elle croit que c’est tout à fait inexact et que cette façon de désigner sa clientèle est loin d’être la meilleure.   

Il y a une grande différence entre prendre de mauvaises décisions et une mauvaise décision. Compte tenu de l’approvisionnement dangereux en drogues illicites dans les rues du Canada, une seule mauvaise décision ou un seul manque de jugement peut avoir de graves conséquences.   

« Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, dit Jasneet, mais nous sommes tous à un cheveu de nous retrouver à la rue. » Elle se souvient de l’histoire d’un homme réservé qui s’est présenté à son refuge; il ne souffrait d’aucune dépendance et n’avait aucun problème de santé mentale évident, mais il venait d’être expulsé de son logement et n’avait ni amis ni famille chez qui loger dans le quartier. Le refuge a accepté de l’héberger le temps qu’il réfléchisse à ce qu’il devait faire par la suite.  

« J’étais donc sous le choc le jour où j’ai appris qu’il avait fait une surdose, raconte Jasneet. On lui avait proposé du fentanyl et il avait décidé de l’essayer. Il ne savait pas vraiment ce que c’était, mais il s’est dit « pourquoi pas ». Heureusement, nous avons pu le réanimer avec de la naloxone. »  

Des vétérans aux personnes ordinaires qui commettent des erreurs, la crise des opioïdes est généralisée et présente de multiples facettes. « Selon mon expérience, c’est toujours complexe et il y a de nombreux facteurs à considérer, explique-t-elle. Dans l’ensemble, la mesure la plus efficace que nous puissions prendre est de plaider en faveur d’un soutien accru de la part de toutes les personnes qui peuvent contribuer à améliorer la situation de celles qui sont aux prises avec une dépendance. »