Regina, Saskatchewan

L’histoire de Robert 

Pris dans la crise des opioïdes depuis des décennies, Robert montre comment l’amour et l’absence de jugement peuvent apporter de l’espoir.

Le parcours de Robert vers l’abus d’opioïdes a commencé comme beaucoup d’autres. Un traumatisme dans son enfance l’a conduit à s’automédicamenter avec diverses substances, puis on lui a prescrit des opioïdes pour des raisons médicales. « Mon médecin a déménagé et conséquemment, je n’ai pas pu obtenir de nouvelle ordonnance, explique-t-il. J’ai donc commencé à en acheter dans la rue. C’est à ce moment-là que les choses ont pris une très mauvaise tournure. »  

La situation n’a fait que s’aggraver. Robert a connu l’itinérance, la prison et des expériences de mort imminente. Il vendait de la drogue et faisait partie d’un gang. Il affirme que si vous l’aviez rencontré à cette époque de sa vie, il aurait été facile de supposer qu’il était « un certain type de personne » – le genre de personne qui se retrouve impliquée dans la drogue et le crime. 

Toutefois, si vous le rencontriez aujourd’hui, vous reconnaîtriez en lui un travailleur dévoué, une personne aimable et un père aimant. Il affirme qu’il a toujours été la personne qu’il est aujourd’hui, malgré les obstacles qui se sont dressés sur sa route. « J’ai toujours été une personne très aimante, malgré mon histoire et mes actions, dit-il. J’ai toujours été un travailleur acharné et j’ai toujours pu garder un emploi. » 

C’est le piège chimique des opioïdes qui a eu une emprise sur Robert pendant plus de 20 ans, et non des problèmes de personnalité ou de caractère. Aujourd’hui, il utilise ses connaissances et son expérience de première main dans son quotidien, en travaillant à la réduction des méfaits et en aidant à former des équipes de rue proactives pour aider les personnes qui se trouvent dans la même situation où il se trouvait auparavant. Il le fait en faisant preuve d’amour, en s’abstenant de juger et en nouant des liens.  

« Pour aimer les gens, explique Robert, il faut se rappeler qu’il ne s’agit pas seulement d’une « clientèle », de chiffres et de dossiers. Il s’agit du fils ou de la fille de quelqu’un et, bien souvent, il s’agit de la mère ou du père de quelqu’un. Les gens consomment des opioïdes pour toutes sortes de raisons, et les traumatismes en sont une importante. » 

Entre les traumatismes et les ordonnances de routine, les opioïdes peuvent se retrouver dans l’univers de n’importe qui. Ce sont des substances puissantes qui peuvent faire basculer une vie. Des personnes comme Robert constituent un lien important entre celles qui sont passées par là et celles qui le vivent aujourd’hui.  

« Maintenant que j’ai une voix et que je peux l’utiliser, il s’agit d’apprendre aux autres que leur voix compte aussi et de leur rappeler qu’ils ont la possibilité de se faire entendre. »