Un titan du rétablissement de la dépendance raconte comment il est passé près du gouffre.
L’histoire de Chris est en fait assez bien documentée – il s’agit d’un véritable documentaire, qu’il a produit (voir ici). Il a parlé de son expérience des dizaines de fois, notamment en tant que conférencier au Sommet national sur le rétablissement de la dépendance de Santé Canada. Son engagement dans le domaine du rétablissement est aujourd’hui vaste et complet, allant des quarts de travail de jour dans les salles d’urgence au sein d’une équipe d’intervention en cas de crise jusqu’à sa nomination au groupe consultatif stratégique et technique de l’Organisation mondiale de la Santé pour la prise en charge des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’utilisation de substances.
Chris est une source d’inspiration absolue, une force incontournable.
Il a également été aux prises avec une grave dépendance aux opioïdes qui a failli lui coûter la vie. Bouleversé par le décès soudain de son père alors qu’il était jeune adulte, Chris a découvert que les opioïdes engourdissaient la douleur du traumatisme. À l’époque, il pensait que cela l’aidait à fonctionner et à aller de l’avant. « Je me souviens avoir pris du Percocet : c’est la seule fois où j’ai ressenti un soulagement de ce stress, dit-il. Malheureusement, la tolérance au médicament augmente au fur et à mesure qu’on augmente la dose. Avant même que je m’en rende compte, je prenais cinq Oxys 80 milligrammes par jour. J’ai ainsi perdu deux ans de ma vie et tout ce qui comptait pour moi. »
Il affirme que ce n’est pas un facteur unique qui l’a aidé à remporter son combat. Une multitude de facteurs se sont conjugués, notamment une altercation dans une épicerie, un chien qui se trouvait au bon endroit au bon moment, un intérêt inexploré pour la réalisation de films et une confrontation avec la mortalité.
« La vie et la mort étaient deux possibilités très réalistes qui coexistaient dans mon esprit et qui dépendaient des décisions que je prenais pour aller de l’avant », se souvient Chris.
Il a choisi d’explorer la réalisation de films. Il a commencé et terminé un traitement à la méthadone, puis il s’est lancé dans la création du documentaire susmentionné – un périple en vélo dans tout le Canada, comportant des arrêts dans de nombreuses villes pour explorer l’étendue de la crise des opioïdes. Cette expérience a permis à Chris de tisser un vaste réseau d’intérêt et de soutien qui l’a catapulté là où il se trouve aujourd’hui.
Il affirme que vous seriez surpris de voir jusqu’où vous pouvez vous rendre à partir du point dont vous pensiez qu’il était la fin.
L’histoire de Chris illustre le bien que l’on peut tirer de la recherche d’un sens et d’un but à ses expériences les plus sombres. Cependant, les circonstances, la stigmatisation et la malchance font en sorte que beaucoup d’autres personnes en arrivent à des résultats différents. N’oubliez pas que la dépendance aux opioïdes peut toucher n’importe qui, n’importe où. En gardant l’esprit et le cœur ouverts, vous contribuerez grandement à réduire les effets de ce problème répandu qui touche tous les Canadiens et Canadiennes.